
Toilettes du monde - James Gregory
Hoëbeke - 2007
Cela faisait longtemps que je n'avais pas présenté un livre inclassable ...
Et là je vos propose de recommencer la semaine ... tout en finesse !!!
Interview trouvée sur : http://www.cyberpresse.ca
Prenez le livre Toilettes du monde, conçu par Morna E. Gregory et Sian James. Pendant trois ans, ces deux Vancouveroises ont parcouru le globe, appareil photo en main, à la recherche des
W.-C les plus bizarres, surprenants ou originaux des cinq continents. Elles en sont revenues avec un petit bouquin de 250 pages et autant d'illustrations, à la fois hilarant et instructif,
traduit en français depuis l'été dernier (éditions Hoebeke).
Jointe à Vancouver, Morna Gregory admet en riant que le projet était plutôt farfelu. Et que, oui, il y avait peut-être une bière de trop à l'origine. Mais elle ajoute, plus sérieusement, que cela
n'enlève rien à la valeur anthropologique du résultat. Le look des latrines, selon elle, en dit généralement assez long sur le pays dans lequel on se trouve.
«La culture locale est souvent bien reflétée par ses toilettes, souligne-t-elle. On le voit dans leur emplacement, les matériaux utilisés dans la construction, le degré de sophistication, les
techniques utilisées. Cela se voit, par exemple, dans les villages les plus pauvres d'Afrique. C'est rarement plus qu'un trou dans le sol et quatre murs bâtis avec les ressources locales. En
revanche, au Japon, les toilettes publiques sont top technologiques. Cela en dit déjà beaucoup»
Et au Canada?
«Au Canada, je dois admettre qu'elles sont en général assez ennuyantes Sauf à Montréal peut-être, où on sent un certain attrait pour les choses différentes. Je pense à l'urinette du Whisky Café,
par exemple.»
(La
fameuse urinette pour femme du Whisky Café au Canada)
Mais au fait, comment se prépare un tour du monde des cabinets d'aisances? Les guides de voyage, règle générale, n'insistent pas sur ces incontournables touristiques. Et les «chiottes» sont, par
définition, généralement construites en des lieux discrets, connus seulement de leurs utilisateurs. Difficile de les repérer, à moins - excusez-la - de vouloir mettre son nez là-dedans.
Les auteures ont, pour ainsi dire, déployé des trésors d'imagination pour dénicher des toilettes dignes d'intérêt. Quelques sites web spécialisés, beaucoup de bouche à oreille et énormément
d'audace une fois sur place, les ont aidées dans leur recherche de perles rares.
En général, observe Mme Gregory, les populations locales se sont avérées très coopératives, guidant le tandem en des endroits insoupçonnés. L'Angleterre et l'Australie, ajoute-t-elle, ont été
particulièrement réceptifs au projet. «Ils sont fous de leurs toilettes! C'est peut-être une forme de rébellion contre le vieux fond de pudeur victorienne? Je n'en sais rien. Ce n'est qu'une
théorie!»
En Asie, en revanche, la complicité a fait place à de la méfiance, voire à de l'hostilité. Comme quoi le rapport à la chose varie selon les latitudes. «Ils ne voulaient pas trop en parler. Je
pense qu'on leur a fait un peu peur!» dit la coauteure.
En attendant National Geographic
Dans tous les cas, la récolte semble avoir été bonne. Et même à Hong- Kong, où Morna Gregory dit avoir «essayé» ses toilettes préférées (la cuvette en or massif!). Et s'il est vrai que les plus
technologiquement avancées des «commodités» se trouvent en Asie, force est d'admettre que le reste de la planète n'est pas en manque de curiosités sanitaires. Des bords de plage aux confins de la
jungle, les deux Canadiennes ont trouvé des centaines de petits coins originaux, que ce soit par leur système rudimentaire, leur design volontairement flyé ou leur emplacement involontairement
incongru.
Qu'on pense à ce trône gossé au beau milieu d'une vallée de cactus en Bolivie. Ou ce «chalet de nécessités», construit au milieu d'un troupeau d'otaries en Namibie. Ou cette bécosse, clouée au
bout d'un quai au Panama. Sans oublier, bien sûr, les toilettes de la navette spatiale, les oeufs sanitaires du bar le Sketch à Londres ou les superbes urinoirs marbrés du Quai Rothesay en
Écosse.
«Point de vue original sur un concept banal» (dixit Morna Gregory) Toilettes du monde a été conçu entre 2003 et 2006. Commandité, en partie, par quelques gros fabricants de toilettes
allemands (ça ne s'invente pas!), le livre a été lancé en anglais au printemps dernier.
Étrangement, aucun magazine de voyage ne s'est intéressé au bouquin depuis sa sortie. «J'attends toujours un coup de fil de National Geographic!» lance Mona Gregory en riant. En
revanche, des revues d'architecture (un peu), des journaux grand public (surtout) ont démontré beaucoup de curiosité pour le travail des deux Vancouveroises.
Rien de surprenant, croit la coauteure. Comme plusieurs autres livres sur la question Toilettes du monde porte sur un sujet de moins en moins tabou. «Les toilettes ont toujours intéressé tout le
monde. Mais les gens n'osaient pas en parler. Maintenant ça se banalise. C'est comme le sexe...»
L'indispensable diaporama sur les photos du livre : http://galeriedephotos.cyberpresse.ca/index.php?t=Black&a=1032&m=cp
Au fait; je vous ai trouvé un lien intéractif indispensable à votre culture générale ....
De quoi animer vos prochaines soirées entre amis : http://www.baignade-interdite.com/